lundi 17 octobre 2011

L'Héliocentrisme du journalisme

Mon copain regardait religieusement un jeune anarchiste dont le besoin d'attention dépasse celui de Britney Spears, plus ou moins drôle, sur Youtube. Ray William Johnson, un espèce de pervers en rûte qui commente les vidéos de l’heure sur ce site de partage. Ce garçon, du haut de son trône à roulettes, sis dans le sous-sol de ses parents, rit des gens qui s’auto-filment, il commente les belles chutes des maladroits de ce monde, du style drôles de vidéos, et lance des blagues, à connotations sexuelles (pour "puncher" encore plus), à propos des « viral vidéos » du moment. Cet homme, comme plusieurs autres, agit comme un critique, triomphant sur le monde, relatant des faits plus ou moins intéressants. Et ce, à chaque semaine.

C’est alors que j’ai demandé à mon copain, aussi grand admirateur soit-il, « Mais pourquoi cet homme perd-il son temps à faire cela? », « Et qu’est-ce qui le rend intéressant? », « Mais qui est-ce qui veut avoir son opinion à lui? » Il m’a rétorqué alors : «Et pourquoi lis-tu des chroniques de journalistes sur CyberPresse chaque semaine? »

En fait, il m’a totalement berné.

"L'Héliocentrisme du journalisme."

De plus, Ray William Johnson est en fait l’un des « vloggeurs » les plus regardés sur Youtube.

Doublement bernée.

La vérité dure et crue était devant moi. Les gens aiment parler d’eux. Ils aiment se faire entendre. Être la voix du peuple le temps d'une journée, être le centre du web.

C’est en repensant bien à la situation que je me suis vue, moi et mes valises à l’aéroport Jean Lesage, attendant sagement mon vol. Une dame bilingue, bien entendu, s’est approchée de moi afin de me demander quelques questions sur le service que j’ai reçu dans les restaurants, aux douanes, etc.

J’ai pris un plaisir malsain à donner mon avis, parler de moi. Que. De. Moi.

Critiquer l’air bête des douaniers moustachus, haut et fort. Le mauvais service de la « Ginette Spray-net » du restaurant sportif, le charmant jeune arabe du Duty Free Shop me vendant un coussinet de cou…Donc, en gros, serait-ce mal vu de dire que les chroniqueurs ne sont que d’égocentristes mal baisés? Négatifs, boulimiques de chialeries, de jugements non fondés et/ou fondés. À prime abord, on aime lire la crise de quarantaine de David Desjardins, l’éternelle opinion politique de Richard Martineau, la « nouvelle sensation Patrick Lagacé ». Des hommes ayant du chien et de l’écriture. En revanche, d’autres aiment regarder ces jeunes troublés, peu populaires au secondaire, mais maintenant cyber-connus par quelques 3 millions d'individus

"L'Héliocentrisme du journalisme."

Peut-être que le lecteur, le public en solo, aime entendre l’avis d’intellectuels connaisseurs afin de s’en créer un, lui-même. J’aime à reprendre les dires souvent, mot pour mot, d’un quelconque journaliste me semblant brillant. J’aime voler, en douce, une propriété intellectuelle pour mon bien-paraître. Est-ce si malsain? Je ne suis certainement pas la seule à le faire...

Je crois?

Enfin, il y en a des plus informés que d’autres. Et finalement, moi, qui suis-je pour donner mon opinion sur ceux qui donnent leur opinion?

Je suis celle qui parle «À la Foglia» dans mes soirées de filles.

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